Troubles gastro-intestinaux : comprendre les liens entre le corps et le psychisme
Les troubles gastro-intestinaux : douleurs abdominales, ballonnements, troubles du transit, inconfort digestif chronique ou syndrome de l’intestin irritable sont bien réels et peuvent impacter profondément la qualité de vie. Ils ne doivent jamais être minimisés. Une évaluation médicale est essentielle afin d’identifier ou d’écarter une cause organique, inflammatoire ou fonctionnelle.
Ces troubles peuvent également être liés à l’alimentation : intolérances, déséquilibres alimentaires, rythmes de repas irréguliers ou relations complexes à la nourriture. Ces facteurs jouent un rôle important dans le fonctionnement digestif et doivent être pris en compte avec sérieux et discernement.
Cependant, lorsque les examens médicaux n’expliquent pas entièrement les symptômes, ou lorsque les troubles persistent malgré une prise en charge adaptée, il devient pertinent d’ouvrir une autre lecture : celle du lien entre le psychisme et le corps.
Quand le corps exprime un mal-être psychique
De plus en plus d’études mettent en évidence l’influence de l’esprit conscient et inconscient sur le fonctionnement du corps. Le stress chronique, l’anxiété, les émotions retenues, les non-dits, ou encore certains événements de vie passés peuvent s’inscrire dans le corps et se manifester sous forme de symptômes physiques. Ce phénomène, appelé somatisation, n’est ni imaginaire ni volontaire : il constitue un mode d’expression du corps lorsque les mots ne suffisent plus.
Le système digestif est particulièrement sensible à ces mécanismes. Il réagit rapidement aux émotions, aux tensions internes et aux états psychiques prolongés. Dans ce sens, certains troubles gastro-intestinaux peuvent être compris comme des signaux, indiquant un déséquilibre plus global, émotionnel ou relationnel.
Un impact réel sur la vie personnelle, sociale et professionnelle
Au-delà des symptômes physiques, les troubles gastro-intestinaux ont des conséquences concrètes et parfois envahissantes dans la vie quotidienne. Ils peuvent devenir une préoccupation constante, influençant les choix alimentaires, les déplacements, les relations sociales et la vie professionnelle.
Certaines personnes évitent des sorties, des repas partagés ou des situations sociales par crainte de l’inconfort ou de l’imprévisibilité des symptômes. D’autres vivent une fatigue persistante, une baisse de concentration ou un stress accru au travail. Cette vigilance permanente peut progressivement entacher toutes les sphères de la vie, générer un sentiment de perte de contrôle et renforcer un mal-être psychique déjà.
Ce cercle, où les symptômes digestifs alimentent l’anxiété et où l’anxiété accentue les troubles digestifs, peut devenir épuisant. Il contribue parfois à un mal-être global, mêlant frustration, découragement et sentiment d’isolement, et mérite d’être reconnu et accompagné avec sérieux et bienveillance.
Le système digestif : un véritable « deuxième cerveau »
Le système digestif est souvent qualifié de deuxième cerveau, et cette appellation est aujourd’hui scientifiquement reconnue. Il abrite le système nerveux entérique, composé d’environ 100 millions de neurones répartis tout au long du tube digestif. Ce réseau nerveux est comparable, en complexité, à celui de la moelle épinière.
Bien qu’il ne possède pas autant de neurones que le cerveau qui en compte environ 86 milliards, le système digestif fonctionne de manière largement autonome et communique en permanence avec le cerveau via le nerf vague et de nombreux messagers chimiques. Il est également responsable de la production d’environ 90 % de la sérotonine, neurotransmetteur majeur impliqué dans la régulation de l’humeur et du bien-être émotionnel.
Ces éléments expliquent pourquoi un déséquilibre psychique peut influencer la digestion, et pourquoi, inversement, des troubles digestifs peuvent impacter l’état émotionnel.
Prendre le temps de comprendre et d’accompagner
Face à ces interactions complexes entre le corps, l’alimentation et le psychisme, il devient intéressant de s’arrêter, d’écouter et de comprendre. Se faire accompagner permet d’explorer les mécanismes en jeu, d’identifier ce qui, dans l’histoire de vie, les émotions ou les schémas inconscients, peut contribuer à entretenir les troubles.
La thérapie brève, à travers des approches telles que l’hypnose thérapeutique ou d’autres outils psychocorporels, vise à soulager le psychique, à apaiser le système nerveux et à favoriser un retour à l’équilibre. En travaillant sur les causes émotionnelles et relationnelles, le psychisme peut progressivement agir de manière positive sur l’organisme, et ainsi contribuer à un mieux-être digestif durable.
Une approche complémentaire et respectueuse
Cet accompagnement ne se substitue jamais à un suivi médical ou nutritionnel. Il s’inscrit dans une démarche complémentaire, respectueuse du rythme de chacun, et centrée sur la compréhension globale de la personne. L’objectif est d’offrir un espace sécurisé pour relier le corps et l’esprit, redonner du sens aux symptômes et favoriser un apaisement profond et durable.
